Guide de la moxibustion japonaise en médecine énergétique

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L’utilisation de la chaleur à des fins thérapeutiques est une méthode de soin à l’histoire très ancienne. La pratique de la moxibustion consiste à appliquer une chaleur sur des zones spécifiques du corps dans un but thérapeutique. Le nom japonais de cette pratique est “okyu”. 

Cette pratique prend ses racines dans la médecine traditionnelle chinoise où elle s’est développée en Chine sous la dynastie Ming (1386-1644 av. J.-C.). La moxibustion s’est ensuite développée au Japon pour atteindre des hauts niveaux de raffinement. 

Qu’est que la moxibustion japonaise ?

La moxibustion japonaise consiste à chauffer certains points spécifiques du corps à l’aide de petits moxas afin de rééquilibrer les dysfonctionnements énergétiques. Les moxas sont des petits cônes ou bâtons constitués d’une plante séchée et traitée, l’armoise. Ils sont brûlés puis posés à la surface du corps afin que la chaleur puisse pénétrer dans l’organisme. 

Les modes d’applications des moxas sont variés. Cependant, la technique la plus utilisée en médecine traditionnelle japonaise consiste à former des petits cônes d’armoise de la taille d’un grain de riz pour ensuite les appliquer sur la peau. Dans la tradition japonaise, les cônes sont constitués à la main au moyen de l’index et du pouce puis allumés à l’aide d’un bâton d’encens.

Les effets de l’application de cônes de moxa sont un renforcement du système immunitaire du corps, le Wei Qi, mais également des brûlures dont l’envergure peut varier suivant les techniques employées.

Origines et histoire de la moxibustion japonaise

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Les origines de la moxibustion japonaise remontent à des temps très anciens. Ce sont les chinois qui ont été les premiers à utiliser le feu et à mettre au point des techniques d’utilisation du feu à des fins thérapeutiques. 

Le premier ouvrage faisant référence à la pratique de la moxibustion a été retrouvé dans un tombeau de la dynastie han datant de 168 av. J.-C du nom de Mawandgdui : Le Classique de moxibustion des onze vaisseaux Yin et Yang et Le Classique de moxibustion des onze vaisseaux du pied et du bras

Dans le Classique Interne de l’Empereur Jaune (Huangdi Neijing), ouvrage de référence en médecine traditionnelle chinoise, une partie est consacrée à la moxibustion. L’auteur y explique notamment l’origine de la pratique utilisée dans les régions du Nord de la Chine afin de traiter les maladies associées au froid. Il affirme également que la moxibustion est une alternative à l’acupuncture lorsque celle-ci ne fonctionne pas chez le patient. 

L’âge d’or de la moxibustion en Chine se situe sous la dynastie Ming (1368-1644). Au cours de cette époque, de nombreuses avancées sont réalisées dans les traitements en moxibustion grâce à trois grands médecins chinois : Li Shizhen (1518-1593), Yang Jiebin (1563-1640) et Zhang Jiebin (1563-1640). C’est également la période de l’expansion commerciale de la Chine avec l’ouverture des routes de la soie. 

La moxibustion ainsi que l’acupuncture commencent à parvenir au Japon à partir du VIème siècle grâce à un médecin du nom de Chiso. Ces pratiques se développent au Japon sous le règne des shoguns Azuchi Momoyama (1568-1603) et Edo (1603-1868) avec la création de nombreuses écoles.

L’acupuncture et la moxibustion connaissent ensuite deux développements importants. Le premier est le fait de Yasuyori Tamba, auteur du premier texte médical japonais établissant les bases de la médecine traditionnelle japonaise. Puis au cours du XVII ième siècle au Japon, Waichi Sugiyama, considéré comme étant le père fondateur de l’acupuncture japonaise met au point une technique essentielle à la pratique de l’acupuncture et de la moxibustion : la palpation. 

Par la suite le développement de la médecine occidentale va faire de l’ombre à la médecine traditionnelle japonaise. Ceci va conduire le  gouvernement japonais à interdire la médecine traditionnelle au lendemain de la seconde guerre mondiale pour ensuite l’autoriser à nouveau. 

Aujourd’hui le Japon continue de faire cohabiter la médecine occidentale avec la médecine traditionnelle japonaise. Et les techniques de moxibustion japonaise bénéficient d’une popularité croissante dans le monde occidentale.

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Pratique de la moxibustion japonaise

L’armoise

L’ingrédient de base à la pratique de la moxibustion japonaise est l’armoise. 

L’armoise est utilisée dans le cadre de rituels spirituels au Japon depuis de nombreuses années. Elle est également utilisé comme remède phytosanitaire et comme traitement aux symptômes liés aux menstruations.

Pour son usage en moxibustion l’armoise est d’abord séchée, puis broyées pour être ensuite conditionnée sous la forme de bâtons ou de cônes. 

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Moxibustion directe ou indirecte 

Il existe deux grand types de techniques en moxibustion japonaise : la moxibustion directe et la moxibustion indirecte. Les termes “direct” et “indirect” sont utilisés pour faire référence au contact ou non du moxa avec la peau. 

Alors qu’en Chine les techniques de moxibustion indirecte sont majoritairement utilisées, au Japon la technique la plus courante est la moxibustion direct, où le moxa est appliqué directement sur la peau. 

Théorie de la moxibustion japonaise

La moxibustion japonaise s’appuie sur une représentation énergétique du corps humain. Voici les principaux éléments théoriques mobilisés dans la pratique de la moxibustion japonaise:

  • La «chaleur de l’okyu». Ce terme désigne l’énergie ou Qi produit par le moxa puis envoyé à l’intérieur du corps. 
  • Le «pouvoir de brûlure». Ce terme fait référence à la technique d’application directe du moxa sur la peau aux utilisations thérapeutiques spécifiques. 
  • Wei Qi ou Yang Qi. Il s’agit de l’énergie de défense, du système immunitaire. Les cônes de moxas japonais ont une action stimulante sur les défenses naturelles du corps. 
  • Ying Qi. Il s’agit de l’énergie nutrive, du Ying Qi. Celle-ci peut être renforcée lorsque la chaleur de moxa entre en profondeur dans le corps. 

Bienfaits de la moxibustion japonaise

La moxibustion japonaise permet de rétablir une circulation énergétique et sanguine fluide dans le corps. 

Elle permet de lever les blocages à la circulation énergétique et sanguine afin de rétablir la santé.

Cette technique peut être utilisée afin de tonifier l’énergie nutritive (Ying Qi) et activer les défenses immunitaires (Wei Qi). Cette étude a pu montrer l’action positive des traitements en moxibustion sur le système immunitaire. 

La moxibustion permet également d’harmoniser le Yin et le Yang, et de chasser les énergies perverses (froid, humidité, le vent) souvent à l’origine des douleurs.

La chaleur pénétrant dans le corps produit une sensation de chaleur favorable au bien-être et à la relaxation. 

La moxibustion permet également de réduire la fréquence des bouffées de chaleur liées à la ménopause, comme le montre cette étude.

Enfin la moxibustion peut s’utiliser de façon complémentaire à l’acupuncture de façon à renforcer ses effets.

Conclusion

La moxibustion japonaise est une technique issue de la médecine traditionnelle chinoise utilisant la chaleur pour activer la circulation du sang et de l’énergie vitale. Elle permet d’enlever les différents blocages énergétiques souvent à l’origine des douleurs dans le corps. A la différence de la médecine chinoise, la médecine traditionnelle japonaise privilégie la moxibustion direct, posant directement le cône du moxa au contact de la peau. Au fil de son histoire cette technique de soin a atteint des niveaux de raffinement élevés, la rendant populaire dans le monde entier.

Sources : 

Une introduction à la moxibustion japonaise, Felip Caudet Pinana, Editions Lavoisier, Mars 2017 

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