Introduction à la diététique chinoise

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La diététique chinoise est l’une des 5 branches de la médecine chinoise traditionnelle avec l’acupuncture, la pharmacopée chinoise ou phytothérapie, le Tuina (massage chinois), ainsi que le Qi gong et Tai chi chuan. Elle s’inscrit dans une approche holistique de l’individu propre à la MTC.  Elle consiste dans le choix d’une alimentation spécifique en vue de préserver la santé et d’ améliorer la vitalité des individus. La nourriture permet à chacun, suivant son propre terrain énergétique d’éviter des maladies ou même d’en guérir certaines.

Les médecines traditionnelles (médecine ayurvédique, médecine tibétaine, médecine traditionnelle chinoise , médecine hippocratique ) ont depuis des millénaires étudiés les qualités énergétiques des aliments, leur mode de cuisson ainsi que l’impact de l’alimentation sur la santé. Une part de la consultation était consacrée à des prescriptions diététiques et de manière plus générale à l’hygiène de vie. 

Histoire de la diététique dans la médecine chinoise

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La diététique taoïste

L’être humain, selon la pensée traditionnelle chinoise està l’image de l’univers. Il est un microcosme à l’image du macrocosme. L’homme et sa santé obéissent ainsi aux mêmes lois que celles qui animent et régulent l’univers.  Aussi, les taoïstes, en Chine, visaient le respect d’une harmonie entre la nature et l’homme, qui s’exprime également dans la manière dont celui-ci choisit de s’alimenter. Plus l’homme se nourrit d’une façon saine et adaptée à ses besoins, moins son organisme se fatigue, ce qui augmente considérablement les probabilités d’une grande longévité, ce qui est un des buts de la philosophie taoïste.

Le Huangdi Neijing pose les bases de la diététique chinoise

Le premier ouvrage fondateur en médecine traditionnelle chinoise est le Classique interne de l’Empereur Jaune daté du V ième siècle avant JC. Ce livre pose les bases de la médecine traditionnelle chinoise pharmacopée, De nombreux chapitres sont consacrés à la diététique. Les prescriptions diététiques données au patient  permettaient de lui faire retrouver toute son énergie vitale (garant d’un système immunitaire solide). Un volume entier traitait des bénéfices ou dommages de tel ou tel aliment (légumes, céréales, fruits, produits animaux). Cette diététique était à la fois préventive et curative.

D’illustres médecins chinois étoffent la discipline

Ensuite de nombreuses recherches ont été effectuées par des médecins célèbres tels que le docteur Zhang Zhongjing (environ 200 après JC) traitant des effets thérapeutiques de l’alimentation. Zhang Zhongjing était reconnu pour son expertise sur la pharmacopée et la diététique. Sous la dynastie des Song (960-1279), les médecins élaborent des façons de traiter le diabète, l’œdème et les troubles du sommeil par la diététique. Sous la dynastie des Ming (1368-1644), le botaniste et pharmacologue Li Shizhen écrit une vaste encyclopédie faisant l’inventaire des propriétés connues des plantes et aliments.

Théorie du Yin Yang

Selon la théorie du Yin Yang, chaque aliment possède des caractéristiques Yin ou Yang. L’être humain est considéré en fonction de son terrain énergétique, son histoire et sa personnalité. En médecine chinoise, il existe 5 typologies chez les hommes et les femmes : l’hyper-yang, le yang, le yin, l’hyper-yin et le neutre. En fonction de votre caractère et terrain énergétique à un moment donné de votre vie, vous pourrez choisir tel ou tel mode d’alimentation afin de fortifier votre santé ou surmonter les maladies.

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Symbole Yin-Yang

Alimentation en fonction de la nature des aliments

Un aliment est caractérisé par son Jing (son essence, sa quintessence).Plus le Jing de l’aliment est élevé (aliment frais, non raffiné, non irradié, non passé au micro-ondes, de saison, ayant peu voyagé, consommé près du moment de sa récolte), plus il apportera de Jing  (vitalité) à l’organisme.

La médecine traditionnelle chinoise classe les aliments en 5 natures selon l’effet thermique produit par l’aliment : froid, frais, neutre, tiède, chaud.

Une personne désireuse de garder sa santé devra consommer des aliments de nature neutre ou tiède.

Toute mise en œuvre du » feu digestif «  pour cuire les aliments ingérés provoquera une demande d’énergie qu’on aurait pu économiser si on avait mangé cuit. Le cru est très riches en vitamines oligo- éléments qui ne seront  pas nécessairement assimilés en particulier si notre « feu digestif «  est peu performant : la solution en diététique chinoise sera de cuire partiellement les aliments (les crudités seront préalablement saisies à la vapeur pendant quelques secondes avant d’être servies). Il est préférable de boire tiède ou chaud au cours d’un repas.

Afin de se nourrir correctement, il convient tout d’abord de s’informer sur les qualités énergétiques yin et yang des aliments afin de les accorder avec notre personnalité et notre santé. Prenons l’exemple d’une personne de caractère actif et nerveux ayant comme habitude la consommation des viandes grasses (aliments de nature yin).  Ces habitudes alimentaires vont engendrer un excès d’énergie Yang. Ceci peut augmenter le risque à moyen long terme d’ulcère d’estomac et d’hypertension artérielle.

A l’inverse, si l’on prend une personne à caractère introverti (polarité Yin) ayant l’habitude de consommer des crudités (aliments froids de type Yin), cette personne court le risque de fatigue chronique ,d’essoufflements,  de diarrhée,d’insomnie, de  douleurs articulaires… De façon générale, l’individu à forte polarité Yang devra équilibrer son alimentation par la consommation d’aliments Yin (énergétiquement plus froids). En revanche l’individu à forte polarité Yin (énergétiquement froid) devra privilégier la consommation d’aliments Yang (plus chauds) afin d’augmenter son énergie.

La diététique traditionnelle chinoise reconnaît également 5 saveurs fondamentales  aux aliments (acide, doux, amer, piquant, salé) qui « nourrissent les 5 organes «  (foie, rate,  cœur, poumons, reins)  et qu’il convient d’équilibrer.

Tout individu peut ainsi prévenir le risque de maladie en veillant par son alimentation à son équilibre énergétique.

Les familles d’aliments en diététique chinoise

Il existe 4 grandes  familles d’aliments : les viandes qui sont tonifiantes, les  légumes qui font le remplissage,  les graines (céréales et légumineuses)  qui sont la base de la nourriture et sont porteuses du principe de vie, les fruits qui sont les catalyseurs des transformations internes. Ces aliments sont décrits en fonction de leur dominante chaude ou froide, leur saveur, leurs influences sur le corps.

  • Par exemple dans la famille des fruits, la poire est connue pour sa nature froide, sa saveur douce et légèrement acide. Elle calme la nervosité et l’inquiétude. La poire est indiquée en cas de coup de chaleur en été, de grippe, de mal de gorge, de  toux sèche, de bronchite aiguë ou chronique( on conseille une poire pochée avec du gingembre râpé pour  accompagner le traitement d’une bronchite ).
  • Les huîtres et coquillages sont connus pour leur nature légèrement froide et leur saveur salée. Ils tonifient le sang, calment les excès de yang, calment l’esprit ( Shen) et les palpitations. Ils sont recommandés en cas de vertiges, transpirations excessives, insomnie, troubles des règles.
  • Dans la famille des viandes, le poulet est de nature tiède et yang, et de saveur douce. Le poulet tonifie  l’énergie (le Qi) et le Jing, fait circuler le sang, assure l’assimilation digestive et neutralise les toxines. Il est indiqué dans les états de convalescence, surmenage, fatigue et frilosité, manque d’appétit, diarrhée.

Alimentation en fonction des saisons

   Au printemps –on allègera sa nourriture. Faire un jeûne ou une mono diète une fois par semaine. Consommer de préférence des légumes verts et des salades (pissenlits), de légumes verts (chou vert, brocolis, céleri, persil, carottes, artichauts, chou chinois, poulet) , jeunes pousses de soja et graines germées . Consommer le soir du bouillon léger (poireaux, navets). Eviter les pâtisseries, les produits laitiers  le gras et le sucre et les aliments froids

L’été : on mangera moins .On augmente la saveur amère (abricots, échalotes,  pousses de bambou ,,le bulbe de lys , qu’ on trouve dans les épiceries chinoises , le concombre ,le céleri; On évite  l’excès de yang (les graisses animales, les fritures et tout excès d’alcool).

En automne consommer du sésame ; prendre des infusions de gingembre et du thym, qui dissolvent les glaires ; éviter les graisses et les produits laitiers ; utiliser des plantes aromatiques (romarin, thym ; eucalyptus, cardamone, coriandre..,  et des plantes piquantes (ail, moutarde, wasabi..). Boire tiède ou chaud

En hiver : penser à s’hydrater, consommer des légumineuses, des légumes verts, des soupes, des algues. Consommer des céréales, du riz, de la quinoa , et des fruits secs  Eviter les aliments gras et les produits laitiers , l’excès de viande , d’alcool , de sel .     .      

Conclusion

La diététique chinoise s’appuie sur l’étude du rôle de chaque aliment sur l’équilibre énergétique de l’individu. Cette approche accorde autant d’importance aux qualités des aliments (saveur, couleur , température , caractère  yin ou yang) qu’au terrain énergétique de l’individu.

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